La tendance Mukbang : un phénomène devenu planétaire

par | Fév 12, 2022 | Réseaux sociaux

 

 

 

Le concept « mukbang » prend de plus en plus de place sur les réseaux sociaux. Cette mode fait sensation auprès des Asiatiques. De plus, cet art de manger tout en se filmant commence à se propager hors des pays orientaux. Zoom sur la tendance mukbang.

Le « Mukbang » en quelques mots

Le « mukbang » est d’origine coréenne. La tendance est née en 2010. Le mot « mukbang » est une contraction du mot « muk-ja » qui signifie « manger » et « bang-song » qui veut « diffusion ». Ce dernier consiste à consommer de la nourriture de façon anormale tout en se filmant. Le mukbanger peut interagir avec les internautes par chat en direct. Ces derniers peuvent même lui suggérer des menus pour leur plaisir. De plus, les spectateurs peuvent lui faire des dons. La tendance mukbang a pu circuler à travers le monde via la plateforme de live streaming : afrreeca TV. À la base, le principe de cette émission visait à étaler les réalisations de plats copieux en direct tout en les dégustant.

Fonctionnement du mukbang

Le « mukbang » est un phénomène planétaire dans la mesure où les réseaux sociaux le publient à chaque instant. Il consiste à ingurgiter de la nourriture jusqu’à n’en plus finir. Afin de susciter l’envie de manger, les animateurs de mukbang emploient diverses manières. Soient ils mâchent leurs aliments très bruyamment ou ils utilisent les techniques ASMR. En plus d’avaler une quantité astronomique de nourriture, les mukbangers amplifient la sensation d’envie des internautes avec les divers bruitages lorsqu’ils se filment. Ces derniers usent de micros pour capter le son qu’ils ou elles émettent en mangeant.

Le mukbang et la société coréenne

Le mukbang révèle quelques aspects de la société coréenne. Les familles monoparentales ou les célibataires sont en grand nombre en Corée. Selon leur culture, manger est une activité d’ordre familial.

Certains spectateurs se justifient en disant qu’ils se sentent moins seuls en regardant ses vidéos. Par ailleurs, une des raisons pour laquelle le mukbang est très prisé est la pression du régime sud-coréen. À dire vrai, des spectateurs en proie à la faim regardent ces vidéos pour manger virtuellement.

Selon le blog TheInterCulture, manger et discutailler autour d’un repas est une source de joie et de rapprochement entre personnes, surtout pour les Sud-Coréens. La majorité des personnes ont des avis très différents sur le sujet. En effet, des journalistes ont fait du mukbang un sujet de moquerie tandis que certains adeptes le défendent.

La fascination du mukbang

En regard de la popularité du mukbang, certains animateurs en ont même fait leur métier. En effet, les mukbangers peuvent gagner jusqu’à 6500 € par mois. À part les réseaux sociaux, la publicité et les sociétés de diffusion ont pris les devants. Il faut savoir que le coût de la diffusion des séances de mukbang est largement inférieur à d’autres émissions culturelles. De ce fait, ses vidéos envahissent le monde virtuel comme une trainée de poudre.

Les limites du concept

En dehors de concept premier du mukbang, certains animateurs dépassent les limitent du genre humain. En fait, ils se forcent à avaler une quantité monstrueuse de nourriture dans le but de capter l’attention de leur auditoire. Quand bien même leur performance est spectaculaire, cette pratique peut s’avérer dangereux pour le public. Au-delà des vidéos, les mukbangers ne mangent rien ou très peu. Les animateurs célèbres tels que Matt Stonie, la youtubeuse coréenne Hyunee ou Bethany Gaskin sont de corpulence normale. Ils ne souffriraient donc pas d’obésité. Selon les confessions de Gaskin, elle ne mange que lorsqu’elle se filme.

Ces vidéos sont donc très nocives pour les personnes ayant un trouble psychologique. D’après l’analyse de Philip Gorwood, psychiatre, à l’hôpital Saint-Anne et co-auteur d’une étude sur l’anorexie, les mukbangers ne seraient pas de vrais boulimiques. Ils emploient diverses tactiques pour dilater leurs estomacs afin d’ingurgiter une quantité importante de nourriture.

Toujours selon ses analyses, les personnes souffrant réellement de boulimie pourraient se sentir coupables de leur mal ou elles pourraient s’identifier à eux de sorte à rendre leur mal-être supportable. Les soigner serait alors plus ardu.

Dans le cadre de la prévention contre l’obésité, le Ministère de la Santé et du Bien-être de Corée du Sud a soumis des recommandations sur ces vidéos pour minimiser la maladie.

Le gouvernement chinois et le mukbang

Le gouvernement chinois le considère comme du gaspillage alimentaire. Selon la BBC, la lutte contre ce fléau a commencé avec le mouvement Clean Plate de Xi Jinping. En plus de nombreux problèmes qui l’accablent comme les inondations massives, la guerre commerciale conte les USA, la Chine se bat également contre la pénurie alimentaire. La CCTV a en vérité commencé à diffuser plusieurs critiques orageuses sur le mukbang. Peu de temps après, les réseaux sociaux lancent des avertissements sur les plateformes pour quiconque essaie de visionner les vidéos de ce genre.

En résumé, il convient alors de regarder ces vidéos avec lucidité et de rester pragmatique.

 

Rédactrice du Café: Audrey D

 

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